À Chaque fois que je complète un projet créatif il se produit une évolution chez moi. Parfois ça se passe rapidement mais la plus part du temps je dois me détacher de l’œuvre pour bien l’analyser. Notre premier projet en 1998 était très spontané et très naïf. On est entrer dans la production de cet album la tête baissée sans trop se préoccuper du résultat final. J’avais comme objectif de faire diffuser notre matériel à la radio et la seule possibilité était d’utiliser la radio locale qui nous a permis de faire entendre notre musique. Donc quand j’ai commencé à parler du projet du deuxième album avec Fred et François, j’avais l’idée de proposer un concept d’album et de s’en tenir à ca. J’avais lu dans un magazine un article d’un producteur qui disait que les démos qu’il écoutait qui avait un concept ou une ligne directrice avait beaucoup plus de chance de se faire remarquer par les gens de l’industrie. Ceci étant dit, quand le 2ième album a été mis en branle j’avais bien l’intention de répéter l’expérience de diffusion à la radio locale qui avait, 3 ans auparavant, accepter notre matériel. Durant toute la production nous avons suivi notre concept pour s’assurer de respecter un format précis, ce qui plait beaucoup au gens de l’industrie. J’étais peut-être encore motivé au fond de moi-même à faire bonne impression dans les maisons de disques ou des agents d’artistes, je ne sais pas vraiment dans quel but. Qu’est-ce que ça représente respecter un concept d’album ? Et bien voici les principales implications de notre concept sur l’album Faites Pas Semblant: il y a 2 ballades sur l’album, la majorité des chansons durent entre 4 et 5 minutes, il y a presque toujours les mêmes instruments dans chaque chanson, on a mixé l’album sur une console NEVE et le mastering s’est fait à Montréal. Toutes les décisions qu’on a pris pour respecter notre concept d’album était sans incidence monétaire à part celle pour le mixage et le mastering qui ont fait grimper le budget considérablement. J’étais d’accord avec ses décisions et j’avais l’impression que de mixer dans un vrai studio, le même que Shania Twain à utiliser pour produire un de ses albums, donnait du crédit au projet et rendait l’affaire plus sérieuse. J’avais l’impression qu’il fallait avoir la permission de réaliser un album, mais en fait la seule condition c’est d’avoir quelque chose à enregistrer. Est-ce que ça vaut la peine d’être écouté ? ça c’est une autre question. J’ai passé presque 2 années complètes à voir l’album Faites Pas Semblant comme le meilleur album que je pourrais réaliser avec Fred, François et tous nos collaborateurs. Mais comme il se produit à toutes les fois j’ai évolué. Un soir Fred et moi sommes allé chez François pour parler de notre prochain projet et nous avons écouté l’album ensemble et c’est la que l’évolution s’est produite. Une fois que j’ai accepté le fait que la musique soit ma passion et que je n’ai pas de contrainte de contrat avec une maison de disque, à quoi bon faire 2 fois la même chose ? Pourquoi un 3ième album ? Qu’est-ce que je vais faire de différent ? Et bien je vais tenter de répondre à cette question dans la 2ième partie de cet article.
